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La durabilité dans le secteur minier : Extraire la valeur illimitée de ressources limitée
Notes pour une allocution de Jacynthe Côté, Présidente et chef de la direction, Alcan Bauxite et alumine à la Conférence et exposition 2007 de l’ICM à Montréal le 2 mai 2007
2007/05/02

PRIORITÉ AU DISCOURS PRONONCÉ

Merci, et bonjour Mesdames et Messieurs ... je suis très heureuse d’être ici aujourd’hui pour vous parler d’un sujet qui est non seulement vital pour la planète, mais qui me tient également beaucoup à coeur : la durabilité dans le secteur minier ou, comme le sous-titre l’indique, «Extraire la valeur illimitée de ressources limitées».

Premièrement, étant donné que la plupart d’entre nous jouent un rôle dans le secteur des mines et métaux, mais pas nécessairement l’aluminium, j’aimerais prendre quelques minutes pour vous entretenir de l’aluminium, d’Alcan et de mes propres champs d’activité : l’extraction de la bauxite et l’affinage de l’alumine.

L’industrie de l’aluminium est plus jeune que la plupart des autres secteurs des mines et métaux : elle a à peine entamé son deuxième siècle d’existence. En fait, un tiers de tout l’aluminium de première fusion produit jusqu’à présent l’a été durant la dernière décennie.

[Diapo 2 : L’aluminium : le matériau par excellence]
Comme la plupart d’entre vous le savent sûrement, l’aluminium est l’élément métallique le plus abondant sur la planète, constituant 8 % de la croûte terrestre.

Ce n’est pas avant 1886, avec la découverte du procédé d’électrolyse Hall-Héroult, que la production d’aluminium à grande échelle est devenue économiquement réalisable. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’aluminium a joué un rôle décisif dans le développement de l’industrie aéronautique. Après la guerre, le métal n’a pas tardé à faire partie de la vie quotidienne.

[Diapo 3 : Le rôle d’Alcan dans le développement]
Notre société est un élément vital de l'industrie de l'aluminium presque depuis ses débuts. La première coulée d’aluminium au Canada a été effectuée en octobre 1901 à Shawinigan, au Québec, par une entreprise qui allait devenir une partie d’Alcan.

Lorsque Alcoa s'est départie de la plupart de ses intérêts situés à l'extérieur des États-Unis en 1928, Alcan a été constituée en tant que société distincte d'Alcoa en vue d'exercer le contrôle sur ces intérêts, qui comprenaient des établissements dans une demi-douzaine de pays européens ainsi qu’au Japon et en Guyana. Dans les années suivantes, Alcan n'a cessé d'élargir ses activités dans le monde, devenant une société véritablement multinationale. Donc, si la « mondialisation » fait partie des nouveaux mots à la mode pour plusieurs, ce mot et ses concepts ne sont pas du tout nouveaux pour Alcan.

[Diapo 4 : Groupes d’exploitation d’Alcan]
Il ne fait aucun doute que les dernières années ont été une période de solide croissance sans précédent dans l'histoire d'Alcan. En 2000, nous étions une société de 9 G$ US. En 2004, après la fusion avec algroup et l’acquisition de Pechiney, nous étions devenus une entreprise de 24 G$ US. Ayant distribué ses entreprises de produits laminés en 2005 (pour former Novelis), la société Alcan d’aujourd’hui est un chef de file mondial dans les secteurs de la bauxite, de l’alumine, de la production d’aluminium, des produits usinés et des emballages, avec 68 000 employés répartis dans 61 pays et régions et un chiffre d’affaires de 23,6 G$ US en 2006.

Diapo 5 : Présence mondiale de B&A]
Pour ma part, je supervise le groupe Alcan Bauxite et alumine, qui comprend 16 établissements de production dans 11 pays.

Nous sommes actifs dans la plupart des régions du monde riches en bauxite, encerclées sur cette diapositive.

[DIapo 6 : Plate-forme avantageuse]
À l’échelle mondiale, Alcan peut miser sur plusieurs atouts, y compris des installations modernes et à faibles coûts qui nous permettent de rester rentables, même dans les creux des cycles de marché.

Nous disposons aussi de la meilleure technologie de sa catégorie et de solides ressources en R et D – surtout depuis le regroupement d’algroup, de Pechiney et d’Alcan. En fait, six millions de tonnes de capacité mondiale sont déjà dotées de la technologie AP et des installations AP représentant un million de tonnes de capacité additionnelle sont actuellement en construction.

Quant aux usines d’alumine, au cours des 25 dernières années, huit projets de construction et 14 projets d’expansion ont utilisé la technologie exclusive d’Alcan.

Alcan reflète également de plus en plus la diversité du monde dans lequel elle mène ses activités. Elle profite de l’amalgame d’un éventail de langues, de cultures, de populations, de religions, de savoir-faire et de pratiques commerciales.

[Diapo 7 : Le système AIMS : une référence mondiale]
Alcan a réuni ses connaissances et expériences pour les traduire en pratiques exemplaires qu’elle utilise pour faire des affaires dans le monde entier. Nous appelons ce processus le Système de gestion intégrée Alcan, ou système AIMS. Quel que soit l’endroit dans le monde où nous menons nos activités, Alcan tente d’y apporter son expertise technologique, son savoir-faire en gestion, de rigoureuses pratiques en matière d’environnement, de santé et de sécurité, ainsi qu’un code universel de conduite des employés et de l’entreprise.

[Diapo 8 : ESS EN TÊTE Réduction du taux de cas consignables]
Un exemple précis des avantages du système AIMS, que vous pouvez voir sur cette diapositive, est notre performance solide et constante en matière de sécurité. En misant sur ESS EN TÊTE, un des quatre piliers du système AIMS, nous avons réussi à réduire de 25 % notre total de blessures consignables d’une année sur l’autre et nous continuerons à diminuer ce taux. [Cette réduction comprendra tous les cas de traitement médical ainsi que les cas entraînant des jours de travail restreint et des jours de travail perdus.]

[Diapo 9 : Reconnaissance internationale de nos contributions]
Le succès d’ESS EN TÊTE a fait d’Alcan un modèle reconnu dans les domaines vitaux de l’environnement, de la santé et de la sécurité.

D’ailleurs, en novembre 2006, nous avons reçu le prestigieux Prix Robert W. Campbell du National Safety Council des États-Unis pour notre leadership à l’échelle mondiale dans l’intégration de l’environnement, de la santé et de la sécurité à nos systèmes de gestion.

En recevant ce prix, Alcan s’est rapprochée de sa vision associée au programme ESS EN TÊTE : «Être un leader reconnu en environnement, santé et sécurité, dans toutes nos activités, partout où nous les exerçons.»

Le leadership d’Alcan continue d’attirer la reconnaissance internationale de certaines des organisations les plus renommées du monde.

Dans une semaine, Alcan recevra la prestigieuse Médaille d’or du World Environment Center remise à une entreprise qui s’est démarquée en matière de développement durable au niveau international.

Membre du Dow Jones Sustainability Index depuis cinq ans, Alcan a de nouveau été nommée «chef de file d’un supersecteur» en 2006 –catégorie comprenant toutes les entreprises de ressources de base.

Les récompenses ont atteint un point culminant le mois dernier lorsque Alcan a été désignée société de métaux la plus admirée au monde par le magazine Fortune dans son sondage annuel.

Alcan s’est classée première de l’industrie des métaux dans les neuf principaux domaines évalués et, dans un numéro subséquent du magazine Fortune, a aussi été désignée un des dix «géants verts» du monde des affaires international, décrits dans le tout premier «numéro vert» du magazine.

Nous sommes extrêmement fiers de ces récompenses, qui sont toujours agréables à recevoir, mais ce qui compte réellement, c’est ce qui se passe sur le terrain... dans chacune de nos installations... jour après jour.

Ce qui m’amène au principal thème abordé aujourd’hui...

[Diapo 10 : Définition de la durabilité]
Le monde globalisé d'aujourd'hui fait face à des défis environnementaux et sociaux, surtout le problème critique des changements climatiques, mais nous sommes convaincus qu’il existe un lien de plus en plus étroit entre la protection de l’environnement, le progrès socioéconomique et l’avantage concurrentiel.

Il y a de nombreuses définitions de la durabilité, mais leur dénominateur commun est ceci : « La durabilité consiste à prendre des décisions et à poser des gestes afin de créer les conditions environnementales et sociales qui génèrent le plus de valeur pour tous, aujourd’hui et pour les générations à venir. »

Aujourd’hui, je me concentrerai sur la composante environnementale de la durabilité, puis sur la composante sociale, en examinant certains des principaux enjeux mondiaux... en les reliant aux activités d’Alcan et en démontrant comment nous attaquons ces défis de front.

[Diapo 11 : Une image vaut mille mots...]
Comme êtres humains, nous savons qu’il y a des limites à la vitesse à laquelle nous pouvons produire et consommer sans causer de tort à la planète et, en fin de compte, à ses habitants... surtout si nous allons au-delà de sa capacité de récupération et de régénération.

On voit de plus en plus de signes d’une rupture de cet équilibre délicat entre donner et prendre (ou entre production et consommation) : les changements climatiques, les pénuries d’énergie et d’eau, la diminution accélérée de la biodiversité, la pauvreté extrême persistante et l’écart entre les riches et les pauvres qui ne cesse de s’agrandir.

[Diapo 12 : Les changements climatiques : Ne les laissons pas de côté...]
On ne peut remettre à plus tard l’action face au problème des changements climatiques. Au contraire, ils vont de plus en plus se répercuter sur toute la société et sur le monde des affaires. C’est pourquoi la durabilité fait l’objet d’intenses discussions et de débats, dans les salles de nouvelles et les conseils d’administration du monde entier... même dans nos foyers... avec nos enfants qui sont naturellement plus orientés vers la durabilité tout en étant plus que jamais bombardés par des incitations à consommer.

[Diapo 13 : Le réchauffement planétaire : une population mondiale non convaincue?]
Commençons par la dimension environnementale de la durabilité... en particulier le réchauffement planétaire... LE sujet de l’heure, qui a même occupé le devant de la scène à la cérémonie des Oscars de cette année lorsque le film d’Al Gore, «Une vérité qui dérange», a remporté l’Oscar du meilleur documentaire. M. Gore a profité de cette tribune pour nous rappeler que le réchauffement planétaire n’est pas un enjeu idéologique ni politique, mais bien le plus grand défi moral que doit relever notre civilisation.

[Diapo 14 : La tempête se prépare]
Sur le même sujet, j’ai récemment lu un discours de la ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, Margaret Beckett, intitulé «CLIMATE CHANGE – THE GATHERING STORM» (les changements climatiques –la tempête se prépare). The Gathering Storm est le titre d’un livre de Winston Churchill dans lequel il relate l’entre-deux-guerres, soit les années 1919 à 1939. À cette époque, Churchill percevait les dangers à venir et s’efforçait de mobiliser la volonté politique et le pouvoir industriel nécessaires pour les affronter. Il s’est souvent buté à une forte opposition et n’a pas toujours réussi à convaincre. Mais à la fin, sa prévoyance a permis de se préparer en vue d’une menace qui paraissait encore distante et incertaine, ce qui a garanti la liberté et la survie de nombreux pays. Les changements climatiques représentent la tempête à l’horizon de notre génération.

[Diapo 15 : Le réchauffement planétaire, un problème réel?]

Je suis certaine que nous nous sommes tous déjà posé la même question : le problème du réchauffement planétaire est-il réel? Non seulement les preuves de la science physique continuent de s’accumuler, mais la sensibilisation sociale et politique grandit aussi.

En fait, un rapport présenté récemment à Paris par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat affirme avec 90 % de certitude que le réchauffement de la planète est causé par l’activité humaine.

Cette diapositive est tirée d’une étude récente du cabinet d’experts-conseils McKinsey. Elle montre les impacts prévus si la température de la planète devait augmenter de un à trois degrés Celsius au cours des prochaines décennies.

Il est intéressant – voire perturbant – de noter que le taux de mortalité prévu à cause des inondations des côtes serait mineur en comparaison des nombreux décès qui seraient vraisemblablement causés par les maladies et les pénuries d’eau douce.

[Diapo 16 : Si tout le monde profite de la situation, qui va payer?]
Tout comme le reste du monde, Alcan croit que le réchauffement de la planète est un problème réel et l’enjeu crucial de la durabilité. Il ne s’agit pas de savoir si ce problème peut être résolu, mais plutôt quand il devra l’être et qui devra assumer les coûts de la solution.

[Diapo 17 : Courbe de coûts mondiale des occasions de réduction des GES]

En ce qui concerne le réchauffement planétaire, il est vrai que les technologies nécessaires pour ralentir ou même renverser l’accumulation de GES dans l’atmosphère sont déjà accessibles ou pourraient être développées dans les dix prochaines années à un coût raisonnable.

McKinsey a récemment dressé une liste des technologies qui sont déjà ou presque accessibles afin de ralentir l'accroissement des GES et les a classées en termes de coût net par tonne de carbone évitée, de la moins chère à la plus chère.

Les solutions les plus attrayantes, comme l'isolation des bâtiments ou les voitures à plus haut rendement énergétique, ne représentent aucun coût net et produisent généralement un rendement économique positif.
Même les solutions plus coûteuses – comme le charbon propre ou l'énergie nucléaire – ont des coûts qui pourraient facilement être subventionnés et absorbés dans l'économie mondiale.

Chez Alcan, nous croyons que les entreprises devraient aider à identifier les mécanismes fondés sur le marché et efficaces sur le plan économique et environnemental.

L’une des meilleures solutions est l’instauration d’un système de plafonds et d’échanges. L’échange de droits d’émissions, s’il est bien conçu – ce qui n’est pas une mince tâche –, est le moyen le plus rentable de profiter de la valeur des initiatives de réduction.

Il permet aux entreprises de faire ou d’acheter des réductions en fonction de la détermination des prix et envoie des signaux de prix par rapport au coût marginal de réduction.

Il diminue aussi le coût sociétal global de la conformité en matière de réductions obligatoires des émissions.

Mais les entreprises ne peuvent et ne doivent pas être seules à adopter de tels systèmes.

[Diapo 18 : Ce que signifient les changements climatiques pour Alcan]
Chez Alcan, en menant le débat, nous avons l'impression de pouvoir contribuer à induire le changement. C'est pourquoi nous avons été très fiers de présider le Forum de la grande entreprise sur les changements climatiques en 2005 et de participer au projet Carbon Disclosure et au Pacte mondial des Nations Unies, entre autres. Et pas plus tard que la semaine dernière, nous avons annoncé qu’Alcan s’associera à l’USCAP (United States Climate Action Partnership), coalition de grandes entreprises et d’ONG qui intervient auprès du gouvernement des États-Unis pour lui demander d’adopter rapidement des dispositions législatives fermes visant une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre. Dick Evans, chef de la direction d’Alcan, représente la seule entreprise canadienne membre de cette coalition.

[Diapo 19 : TARGET : Les changements climatiques dans la mire d’Alcan]
Entre 1990 et 2005, l’intensité des émissions totales de GES d’Alcan a diminué de 25 %. Le 19 février, Alcan a annoncé son engagement de procéder à une nouvelle réduction de 10 % de l’intensité de ses émissions directes d’équivalents-CO2 pour la période 2006-2010.

Naturellement, nous sommes fiers de ces résultats, mais permettez-moi de citer également trois exemples concrets d’Alcan, qui contribuent à ces réductions d’une manière que vous trouverez peut-être intéressante.

[Diapo 20 : La technologie d’électrolyse la plus avancée au monde]
Premièrement, dans deux de ses groupes d’exploitation, Métal primaire et Bauxite et alumine, Alcan vise à concevoir des projets dans le premier quartile de la courbe de coûts de l’industrie, confirmés par des améliorations globales de notre efficacité énergétique.

Notre technologie d'électrolyse AP 35 est la plus efficace sur le plan de la consommation d'énergie et des émissions de GES en usage dans le monde aujourd'hui.

Et pendant que nous continuons à améliorer cette plate-forme, nous investissons également dans son avenir, à savoir la technologie AP50, en construisant au Québec une usine pilote de 550 M$ US qui reposera entièrement sur l’hydroélectricité renouvelable, qui sera encore plus efficace sur le plan de la consommation d’énergie et des émissions de GES, et qui tracera la voie pour nos futures usines.

À ce sujet, j’aimerais ajouter qu’Alcan produit au Canada plus de 90 % – et à l’échelle mondiale, plus de 50 % – de l’énergie dont elle a besoin pour sa production de métal primaire, grâce à l’hydroélectricité, source d’énergie propre et renouvelable.

[Diapo 21 : Réduction de poids des véhicules]

Comme deuxième exemple, je mentionnerai que nous sommes un important fournisseur des plus grands constructeurs automobiles du monde tels que Volkswagen/Audi, DaimlerChrysler, General Motors, PSA Peugeot Citroën et Honda.

Une tonne d’aluminium utilisée au lieu de l’acier peut éliminer 20 tonnes de CO2 au cours de la vie utile d’un véhicule moyen.

Et lorsque ce véhicule est finalement mis au rebut, 99 % de l’aluminium peut être recyclé.

De plus, la production d'aluminium de deuxième fusion permet d’économiser environ 95 % de l’énergie nécessaire par rapport à la production avec des matières premières et par conséquent de réduire de 95 % les émissions potentielles.

Comme vous pouvez le voir sur ce graphique, l'Europe est très en avance sur le plan de la conception de solutions légères pour l'automobile, mais la hausse des coûts de l’énergie oblige et continuera d’obliger l’industrie à progresser dans toutes les régions.

Pour Alcan, la réduction de poids représente non seulement un autre moyen de faire une contribution pratique et immédiate à la durabilité de cette planète, mais aussi une occasion d'affaires rentable, et par conséquent durable.

[Diapo 22 : Produits innovants]
Le troisième exemple que je veux vous présenter est le développement de produits innovants durables dans nos groupes Emballages et Produits usinés.

Alcan fournit des tôles d’aluminium brillant comme principales composantes de cuiseurs solaires qui produisent de l’eau potable pour les habitants des pays en développement en faisant bouillir l’eau grâce à la chaleur du soleil.

Les cuiseurs solaires sont destinés à remplacer les poêles à bois dans les pays en développement, évitant des émissions de CO2 et réduisant la déforestation entraînée par le besoin de bois de chauffage.

Nous sommes aussi le plus grand producteur de balsa, bois utilisé dans des panneaux en composite servant à produire des pales d’éolienne, des panneaux pour trains ultrarapides et toute une gamme d’autres applications légères.

[Diapo 23 : Problème des résidus de bauxite – Mt. Rosser, Kirkvine, Jamaïque]
Avant d’aborder la dimension sociale de la durabilité, j’aimerais dire quelques mots sur les résidus de bauxite qui font partie intrinsèque du procédé bauxite et alumine, et dont la gestion est un élément prioritaire de notre programme environnemental.

Comme nous sommes le chef de file de l’industrie en termes de gestion des résidus de bauxite et de savoir-faire, nous cherchons toujours des moyens innovateurs de réduire notre empreinte environnementale causée par les résidus de bauxite.

Ces résidus de l’extraction de l’alumine à partir de la bauxite sont composés à 40 % de bauxite (terre rouge) et à 60 % d’un liquide chimique à faible teneur en soude caustique. Même s’il s’agit d’un sous-produit naturel, nous continuons à chercher des moyens d’en limiter le stockage tout en mettant au point des solutions de rechange durables pour un usage secondaire. Par exemple :

Depuis 2001, notre usine d’alumine Vaudreuil dans la région du Saguenay, au Québec, utilise des résidus de bauxite pour remplacer le sable, le gravier et l’argile qui servent habituellement à construire les digues de rétention des résidus, d’où de nombreux avantages économiques.

À Gardanne, en France, plusieurs applications commerciales viables pour les résidus de bauxite ont été mises au point au cours des dernières années, dont le sous-produit Bauxaline qui peut servir de colorant pour plusieurs matériaux : plastiques, ciment, mortier, revêtements de sol en caoutchouc, céramiques et peintures. Il peut aussi servir à de plus vastes applications telles que des projets de construction routière, de récifs artificiels et même de recouvrement pour réhabiliter des décharges publiques.

J’aimerais ajouter ici que pendant la fin de semaine de Pâques, il s’est malheureusement produit un déversement de résidus de bauxite à notre usine Vaudreuil dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, au Québec. Même si le déversement n’a eu aucune conséquence nocive sur l’environnement, la couleur rouge orangée qui s’est temporairement répandue dans la rivière Saguenay était spectaculaire pour la communauté et y a causé une certaine appréhension. Ce malencontreux incident a certainement mis en relief l’importance de poursuivre nos efforts pour trouver des solutions de rechange.

Au bout du compte, nous ne sommes pas parfaits, mais nous avons à cœur de nous améliorer continuellement et nous avons tiré des leçons de cet incident.

[Diapo 24 : Durabilité sociale – le projet Utkal (Orissa, Inde)]
Passons maintenant à l’aspect social de la durabilité, la question d’équilibre par excellence.

Manifestement, les entreprises, pour réussir, ont besoin d’une société en santé et d’un personnel productif, tout comme une société saine a besoin d’entreprises prospères qui créent des emplois, de la richesse et des innovations améliorant le niveau de vie et les conditions sociales.

Si une entreprise considère la durabilité comme un moyen d’amadouer les groupes de revendication, elle ne pourra que réagir de façon défensive. Cette approche est axée sur la tension entre le milieu des affaires et la société plutôt que sur leur interdépendance : or, c’est cette interdépendance même qui offre un potentiel illimité de création d’une valeur réelle et durable pour les entreprises comme pour la société.

Le projet Utkal, dans lequel Alcan détient une participation minoritaire qu’elle est en voie de vendre, est destiné à développer une nouvelle mine de bauxite et une usine d’alumine dans l’État d’Orissa, en Inde. Ce projet a été une bonne occasion d’apprentissage pour Alcan.

Le projet Utkal, amorcé au milieu des années 1990, soulève la controverse depuis plusieurs années. Nous avons assez vite compris que pour prendre une décision d’investissement équilibrée, il nous faudrait nouer le dialogue avec la société civile (et d’autres parties prenantes) pour nous assurer que notre décision serait conforme à l’engagement d’Alcan envers une croissance durable et rentable qui maximise la valeur pour ses actionnaires.

Somme toute, même si nous subissions beaucoup de pression, nous avons pris le temps voulu pour soupeser soigneusement l’occasion et le risque que présentait le projet. Et même s’il devrait produire de bonnes retombées financières, Alcan a décidé de vendre sa participation, dans l’intérêt de toutes ses parties prenantes, à cause des contraintes au sein de la structure de gouvernance qui limitent sa capacité de prendre part aux décisions clés, ayant trait notamment mais pas exclusivement à la durabilité.

Le projet Utkal et d’autres projets faisant partie de nos débouchés de croissance ont confirmé notre perception que le monde change plus vite que jamais. Et que les règles d’engagement, définies en grande partie par les ONG, les groupes de pression, les gouvernements, les citoyens, les communautés et les actionnaires, évoluent rapidement.

En bref, Alcan veut rester en tête de peloton. Certains pourraient qualifier cette attitude d’une forme éclairée d’intérêt personnel, mais l’engagement d’Alcan envers la durabilité et la gestion responsable des ressources qu’elle utilise découle de plusieurs décennies d’initiatives indépendantes, souvent volontaires.

Cet engagement s’enracine dans nos valeurs d’entreprise : l’intégrité, la responsabilité, le travail d’équipe, ainsi que la confiance et la transparence.

L’intégration complète de la dimension sociale de la durabilité à notre stratégie d’affaires, dans nos activités quotidiennes, continue à évoluer à mesure que nous approfondissons notre compréhension de son lien avec la création de valeur à long terme.

Même si nous sommes un chef de file reconnu en matière de durabilité, nous ne prétendons pas avoir tout compris à son sujet. Nous cherchons encore parfois des façons de mieux répondre à la fois à notre besoin de bons résultats financiers et aux besoins d’un monde meilleur.

Une évidence s’est imposée à nous : Alcan ne peut réussir dans une société en situation d’échec. Et surtout, nous avons pris conscience avec humilité que nous ne pouvons pas travailler en vase clos et que pour réussir, nous devons nous engager et collaborer...

[Diapo 25 : Développement communautaire – Gove, Australie]
Passons de l’Inde à l’Australie..... où Alcan est un acteur de l’industrie de l’aluminium depuis 1967. Aujourd’hui, les établissements australiens d’Alcan représentent ses plus importants actifs à l’extérieur du Canada.

Nous avons établi des partenariats à long terme avec nos principales parties prenantes, dont les propriétaires traditionnels auxquels Alcan loue des terrains dans le Territoire du Nord.

Nous soutenons activement la culture, la formation et l’emploi des aborigènes au moyen d’initiatives comme le programme de formation YNOTS, qui a gagné des prix, et des programmes de sensibilisation interculturelle pour les employés et les entrepreneurs.

Cette photo a été prise pendant le Festival Garma, manifestation de réputation internationale commanditée par Alcan qui se tient chaque année dans le nord-est de la Terre d’Arnhem. Pendant plusieurs jours, les aborigènes exécutent leurs danses traditionnelles avec plaisir et une immense fierté.

Comme la bauxite se trouve généralement dans des régions tropicales aux populations sensibles, l’activité minière peut y améliorer considérablement le niveau de vie mais peut aussi entraîner d’importants changements pour les communautés. C’est la raison pour laquelle la gestion du volet social de la durabilité pendant la construction, l’exploitation, la croissance et l’éventuelle fermeture d’une installation représente un important défi pour notre groupe d’exploitation et pour les communautés qui l’accueillent.

Nous tous ici présents qui faisons partie de l’industrie minière avons des défis et des occasions très semblables sur le plan de la durabilité, peu importe le minerai que nous extrayons. Et c’est le cas autant dans les pays développés que dans les pays en développement.

Faire les bonnes choses, et de la bonne façon, assure une gestion responsable de nos ressources et nous permet aussi d’avoir un accès accru à de nouvelles ressources et de les développer à un niveau de risque acceptable. Dans notre secteur capitalistique, faire les bonnes choses dès le début d’un projet permet d’en réduire considérablement les risques et constitue d’ailleurs un véritable avantage concurrentiel.

Un autre élément essentiel de la gestion des ressources naturelles est lié aux pratiques de remise en état des mines à la fin de leur vie utile. C’est un défi important qui suscite beaucoup d’intérêt et d’attentes de la part des parties prenantes des communautés. Comme pour les autres activités minières, la remise en état des terres après la fermeture des sites d’extraction doit généralement permettre un usage humain ou naturel productif.

[Diapo 26 : Gestion des ressources naturelles – Burntisland, Écosse]
Ainsi, lorsque Alcan a annoncé la fermeture de l’usine d’alumine Burntisland au Royaume-Uni en 2002, le changement a été dramatique pour la population puisque l’usine était partenaire de la communauté depuis 1917.

Après 85 ans d’activité industrielle, la conversion du site à de nouveaux usages s’est avérée une tâche complexe.

Nous avons étroitement collaboré et dialogué avec nos parties prenantes dans un climat de transparence et de respect mutuel; nous avons offert des cours de recyclage et permis à 85 % des 400 employés de l’usine de retrouver du travail. Nous avons également bien géré les questions environnementales et transformé le site d’une usine d’alumines de spécialité non viable en un quartier résidentiel de grande qualité, comprenant 350 maisons et appartements.

Bien que cette transition ait occasionné des émotions inévitables, la ville de Burntisland a effectué en quelque sorte un retour à ses racines en exploitant sa beauté naturelle et en augmentant sa valeur comme zone résidentielle de qualité. La fermeture de Burntisland et la remise en état du site représentent désormais une meilleure pratique pour Alcan.

Plus près de chez nous, en janvier 2004, Alcan a annoncé la fermeture définitive de ses séries de cuves de technologie Söderberg à son usine Arvida, au Québec. À l’époque, Alcan s’est engagée à ne faire aucune mise à pied en raison de la fermeture, à veiller au bien-être des employés et à ne ménager aucun effort pour trouver, avec les parties prenantes, des solutions pour promouvoir et soutenir la diversification industrielle régionale afin d’aider les communautés à gérer le changement et à se positionner en vue d’une croissance durable. Diverses initiatives ont contribué à diversifier la base économique et à développer des compétences régionales dans les domaines de la R et D et de la fabrication.

Ce solide partenariat a incité Alcan à créer une solide plate-forme en effectuant d’autres investissements, notamment pour construire une usine pilote de 550 M$ US sur le site même de l’usine Arvida, afin de développer sa technologie d’électrolyse AP50.

La composante sociale de la durabilité va bien au-delà de la conformité. Il s’agit vraiment de créer un avantage concurrentiel et une valeur à long terme.

Au sein d’Alcan Bauxite et alumine, nous avons appris que lorsque tous sont sur un pied d’égalité et que la concurrence pour des ressources limitées comme la bauxite est vive, un solide bilan sur le plan de la durabilité peut faire pencher la balance en notre faveur et nous ouvrir la porte à certains des projets les plus intéressants au monde.

Au cours de la dernière année seulement, notre leadership en matière de durabilité a été déterminant pour l’obtention de deux importants projets en Afrique.

J’aimerais saisir cette occasion pour vous décrire le nouveau cadre d’engagement des parties prenantes d’Alcan Bauxite et alumine qui a pour but d’établir des partenariats avec les personnes qui ont les besoins les plus pressants et de changer réellement les choses pour elles, simplement en alignant nos objectifs de durabilité sociale sur les objectifs de développement des communautés où nous exerçons nos activités. Essentiellement, nous utilisons une approche multipartite qui permet de répondre aux besoins de la communauté en établissant, partageant et réalisant ensemble des objectifs communs.

[Diapo 27 : Approche de la durabilité d’Alcan en trois volets]
Le cadre est aligné sur l’approche d’Alcan à trois volets :
· Aborder les enjeux et les impacts dans une perspective plus large – que nous intégrons à nos plans stratégiques et aux programmes d’exploitation des établissements;
· Établir des liens à l’échelle de notre groupe en intégrant la durabilité à nos affaires courantes, par exemple en matière de sécurité, de coût, de volumes, de service à la clientèle, etc.;
· Et, encore plus important...s’engager et collaborer.

[Diapo 28 : Cadre d’engagement des parties prenantes – Harmoniser l’engagement avec les ressources et l’action]
Comme vous pouvez le voir sur cette diapositive, dans les pays développés, nous établissons des objectifs communs par l’intermédiaire des plans de développement régionaux. Dans les pays en développement, toutefois, nous travaillons selon le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement.

Comme nombre d’entre vous le savent sans doute, en 2000, 189 chefs d’État et de gouvernement se sont réunis au siège des Nations Unies à l’occasion du Sommet du Millénaire. Lors du Sommet, les dirigeants se sont résolument engagés à faire front commun contre la pauvreté et la faim, l’inégalité des sexes, la dégradation de l’environnement et le VIH/sida, tout en favorisant l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à l’eau potable. Ces engagements variés ont donné naissance aux huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Ce cadre représente un changement fondamental dans la façon dont Alcan Bauxite et alumine gère la dimension sociale de la durabilité. Jusqu’à présent, quand nous nous implantions dans des communautés éloignées, nous ne faisions pas que créer de l’emploi; nous mettions également sur pied des programmes sociaux là où il n’en existait pratiquement pas auparavant. Nos intentions étaient bonnes, mais le résultat est que nous étions parfois considérés comme une figure d’autorité à laquelle la communauté fait appel pour résoudre des problèmes qui ne sont pas du tout liés aux activités fondamentales d’Alcan.

Je crois fermement que l'approche multipartite locale d'Alcan continuera à ajouter de la valeur pour le bénéfice d'Alcan et de l'ensemble de la société. Une excellente illustration de cette approche est Awaso, au Ghana, où Alcan possède depuis 1974 une participation de 80 % dans une mine de bauxite qui compte un peu plus de 300 employés.

[Diapo 29 : Développement communautaire – Awaso, Ghana]
Pendant de nombreuses années, Alcan a été propriétaire et exploitant d’un hôpital répondant aux besoins de plus de 10 000 personnes dans le district où se trouve la mine. De plus, Alcan a également géré des éléments comme l’approvisionnement en eau, l’électricité et l’entretien.

En juin 2006, Alcan a annoncé que, conformément aux plans de développement du district, elle soutiendrait le gouvernement du Ghana dans ses efforts visant à atteindre les OMD, au moyen d’une contribution sur trois ans.

La Société appuie de nombreuses initiatives. Entre autres, elle aide le ministère du Gouvernement local, du Développement rural et de l’Environnement ainsi que le ministère de l’Eau, des Travaux publics et du Logement du Ghana à fournir un accès durable à de l’eau potable et à des installations sanitaires de base, en partenariat avec la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD), l’Union européenne et la SNV (OMD no 7).

En collaboration avec les partenaires susmentionnés et d’autres partenaires, Alcan travaille également à définir des mesures permettant de soutenir le gouvernement du Ghana pour assurer l’éducation primaire pour tous (OMD no 2), réduire la mortalité infantile (OMD no 4), améliorer la santé maternelle (OMD no 5) et combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies (OMD no 6).

Alcan envisage également d’autres partenariats de ce genre en Guinée, pays où elle détient depuis longtemps une participation dans la Compagnie des Bauxites de Guinée et qui a des besoins criants. De plus, Alcan veut rendre plus rigoureux le processus d’engagement et de partenariat dans tous ses autres établissements à l’échelle mondiale.

Nous sommes conscients que notre présence peut poser certains défis, mais nous nous engageons, avec nos partenaires, à atteindre un consensus sur les enjeux délicats et à poursuivre des occasions d’affaires qui renforceront notre position et procureront un environnement durable aux générations à venir. Essentiellement, un partenariat nous permet non seulement d’accroître notre influence sur le plan financier et notre capacité d’exécution, mais également de profiter des meilleures pratiques, de normes internationales et d’un système de « freins et contrepoids » indépendant. Nous avons compris que nous pouvons influencer la capacité des ONG à offrir de la valeur et à soutenir le développement à long terme, tout comme elles peuvent jouer un rôle important dans notre propre réussite.

Un programme de durabilité stratégique permet d’« extraire » une valeur illimitée en investissant dans des domaines qui renforcent la compétitivité d’une entreprise. Chacun de nous doit cerner les défis de la durabilité que nous pouvons le mieux aider à affronter et qui sont susceptibles de nous procurer le plus grand avantage concurrentiel.

    Comme nous sommes en concurrence pour exploiter des ressources limitées dans un monde plus que jamais axé sur la durabilité, nous n’avons pas vraiment d’autre choix que de prendre les devants, de passer de la politique et des mots à la pratique et à l’action, afin d’aider à créer des communautés vigoureuses et fières qui prospéreront longtemps après notre départ.

    Nous sommes convaincus qu’il existe un lien de plus en plus étroit entre protection de l’environnement, progrès socioéconomique et avantage concurrentiel. Nous pensons donc que certains des risques actuels deviennent aussi de futures occasions d'affaires à saisir.

    En étant proactifs et en avance sur les autres en matière de durabilité, nous tentons d'être un chef de file plutôt que de suivre la tendance dans ce domaine important. La durabilité est primordiale.... agir en ce sens est la chose intelligente à faire, et c’est la clé pour s’assurer que notre industrie continue à prospérer.

    Sur une note plus personnelle, je suis très fière de diriger le groupe Bauxite et alumine d’Alcan. Premièrement, pour des raisons évidentes, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un bon secteur qui offre d’excellentes occasions de croissance, mais ce qui rend ce secteur vraiment spécial, c’est qu’il offre à chacun une occasion formidable de faire une différence véritable et appréciable dans les collectivités où Alcan exerce ses activités et au-delà... Je suis absolument certaine que si nous continuons à faire les bonnes choses, et de la bonne façon, notre secteur deviendra plutôt attrayant pour la jeune génération, qui cherche de plus en plus à collaborer et à faire une différence.
      Merci!


      05-02-2007 Jacynthe Côté CIM presentation-fr.pdf




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